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Armance, femme, médecin (et mère) de famille

Braderie.

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La semaine dernière, j'ai passé un samedi matin formidable.

Le samedi, c'est un jour pas comme les autres. C'est plus tout à fait la semaine, beaucoup de patients ne travaillent pas, les consultations spécialisées sont pour la plupart fermées. Mon cabinet est ouvert le matin, mais je me contente souvent des faire des consultations de petites urgences.

Pour moi, c'est un peu la fin de la semaine. En fin de matinée, je peux mettre le répondeur et me dire après la dernière consultation que "youpi youpi, l'école est finie". Finir la matinée devient de plus en plus dur: plus le temps passe, plus les patients sont nombreux à insister pour venir ce jour-là, appuyant leur demande de l'argument que "demain c'est dimanche et on ne sait jamais". Il n'est pas rare maintenant que la matinée se poursuive jusqu'en début d'après-midi, ce qui complexifie mon organisation familiale: derrière moi qui suis dans mon cabinet, il y a Nounou qui garde une de mes filles de plus en plus tard le samedi. J'ai aussi cette petite pression inavouable lorsque je prends les rendez-vous.

Les consultations complexes sont plus rares le samedi. Notre activité est beaucoup plus routinière et répétitive, plus motivée par l'angoisse du calme dominical qui va suivre que par la réelle nécessité médicale.

Samedi dernier n'a pas ressemblé aux autres.

J'ai eu très peu d'appels, tous très clairs. En place du "Le petit il tousse vilain et il est pas bien, il a pas de fièvre mais on est samedi, et je sais pas ce qu'il faut faire, s'il faut venir ou quoi, en plus, il a des boutons bizarres", je n'ai réceptionné que "je voudrais un rendez-vous pour ce matin, à quelle heure pouvez-vous me prendre?". Le temps de communication se retrouvent écourté au maximum, je donne un rendez-vous et je n'ai même pas le temps de me laisser distraire de la consultation en cours. Le téléphone est moins pesant dans ces conditions.

Ensuite, tous les patients qui sont venus ont posé des problématiques très médicales et précises: une famille est venue pour faire des vaccins et se préparer à un voyage de six semaines en Afrique Sub-Saharienne, un patient est venu avec une rupture du tendon d'Achille, une pour un pétage de plomb au travail, une pour un frottis et renouvellement de sont contraceptif, un diabétique pour sa consultation trimestrielle, un autre patient pour une infection ORL. Tout était clair, net. Et comme les appels étaient rares et peu envahissants, j'ai espacé les rendez-vous: trente minutes chacun au lieu des quinze qui ne me permettent même pas de caser tout le monde dans la matinée. J'ai fais mes consultations sans l'oeil sur la montre, sans aucun coup de fil me demandant un avis divinatoire à distance, avec une seule problématique par consultation, et même un petit peu de temps pour mieux écouter les patients et papoter avec eux. J'ai terminé la matinée en forme, avec la sensation d'avoir travaillé utilement et efficacement.

La météo était pourtant loin d'être extraordinaire, les vacances pas encore commencées, aucun événement culturel ou sportif n'était programmé dans les environs, aucun cataclysme n'était en vue.

Il n'y avait rien de tout ça, juste le début des soldes, et ce n'était plus moi l'objet de consommation ce jour-là.

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Babeth 08/07/2013 18:20

Finalement, les soldes ont du bon... Vivement celles d'hiver :-)